Le diagnostic radon habitation est une mesure de la concentration de ce gaz radioactif naturel dans l'air du logement, par dosimètres posés au moins deux mois en période de chauffage. Au-delà de 300 Bq/m³, le niveau de risque pour la santé justifie des travaux, notamment sur le socle granitique du Morvan.
- Où mesurer en priorité
- Les communes classées en zone 3 par la cartographie du potentiel radon, nombreuses dans le Morvan et ses marges granitiques.
- Comment
- Un ou deux dosimètres dans les pièces de vie les plus basses, de mi-septembre à fin avril, pendant deux mois au minimum, puis analyse en laboratoire.
- Ce qui déclenche des travaux
- Un résultat supérieur au niveau de référence de 300 Bq/m³ : ventilation, étanchéité du sol, traitement du vide sanitaire.
Qu'est-ce que le radon et pourquoi s'accumule-t-il dans une maison ?
Le radon est un gaz radioactif d'origine naturelle, issu de la désintégration de l'uranium contenu dans les roches. Incolore et inodore, il ne se détecte ni à la vue ni à l'odeur : seule une mesure du radon permet de savoir si un logement en contient trop. Il migre depuis le sol par les fissures de la dalle, les passages de canalisations, les joints entre le sol et les murs, les caves en terre battue et les vides sanitaires mal ventilés.
À l'extérieur, le radon dans l'air se dilue très vite. Dans un bâtiment, la situation change : la maison, plus chaude que le sol, crée une légère dépression qui aspire le gaz du terrain vers l'intérieur. Cet effet « cheminée » explique pourquoi la concentration en radon est presque toujours plus élevée en hiver, au rez-de-chaussée et dans les pièces enterrées. Une maison ancienne en pierre, posée directement sur le rocher, sans dalle ni vide sanitaire ventilé, réunit les conditions les plus défavorables.
Les effets du radon sur la santé tiennent à l'inhalation : ses descendants radioactifs se déposent dans les poumons et les irradient. Les autorités sanitaires le désignent comme la deuxième cause de cancer du poumon après le tabac, et le risque de cancer augmente fortement chez les fumeurs exposés. L'exposition au radon s'apprécie sur la durée : ce qui compte est la concentration moyenne respirée année après année, pas un pic ponctuel. D'où une mesure étalée sur plusieurs semaines, et non sur quelques minutes.
Comment connaître le potentiel radon de ma commune en Bourgogne ?
La cartographie du potentiel radon, établie par l'expertise publique (aujourd'hui l'ASNR, qui a repris les missions de l'IRSN) à partir des formations géologiques et de leur teneur en uranium, classe chaque commune de France dans l'une des trois zones. Le classement réglementaire figure aussi dans l'état des risques remis lors d'une vente ou d'une location. Il ne dit pas ce que contient une maison donnée : il indique une probabilité.
| Zone | Sous-sol | Bâtiments au-delà de 300 Bq/m³ (ASNR) | Exemples bourguignons |
|---|---|---|---|
| Zone 1 | Calcaires, sables, argiles, faible teneur en uranium | Moins de 2 % | Côte viticole, plateaux calcaires, plaine de la Saône et Bresse |
| Zone 2 | Faible teneur, mais failles ou anciens travaux miniers qui facilitent le transfert du radon | Variable, localement plus élevé | Bordures faillées des massifs, anciens bassins houillers |
| Zone 3 | Massifs granitiques, certaines roches volcaniques et schistes | Plus de 10 % | Morvan : secteurs d'Autun, Château-Chinon, Saulieu, Quarré-les-Tombes |
En Bourgogne, le contraste est net. Le Morvan, massif granitique partagé entre la Nièvre, la Saône-et-Loire, la Côte-d'Or et l'Yonne, concentre les zones à potentiel significatif. Le reste de la région, sur des terrains sédimentaires, présente un potentiel faible. Le classement se vérifie commune par commune sur le site de l'ASNR : une limite de zone peut passer entre deux communes voisines du massif, et une évaluation locale vaut mieux qu'une impression générale.
Mesurer le radon : la technique qui donne un résultat fiable
Le dépistage du radon repose sur un dosimètre passif, un petit boîtier qui enregistre les traces laissées par le rayonnement. Service-public recommande de le poser dans les pièces occupées des niveaux les plus bas, en priorité le séjour et une chambre, pendant au moins deux mois, entre mi-septembre et fin avril. Cette période de chauffage correspond aux niveaux de radon les plus élevés et donne une estimation prudente de l'exposition annuelle.
La technique de mesure tient en quelques gestes :
- placer le dosimètre à hauteur de respiration, loin d'une fenêtre, d'un radiateur ou d'une bouche de ventilation ;
- garder les habitudes du logement : pas d'aération exceptionnelle pendant la période de mesure ;
- noter les dates de pose et de retrait, puis renvoyer le boîtier pour l'analyse en laboratoire ;
- pour une maison de plain-pied étendue ou sur plusieurs niveaux, multiplier les points de mesure.
Le résultat s'exprime en becquerels par mètre cube d'air. Un appareil électronique à lecture directe aide à repérer une entrée de gaz ou à suivre l'effet de travaux, mais il ne remplace pas la mesure sur deux mois pour évaluer votre exposition. Pour une transaction, un diagnostiqueur immobilier ou un organisme spécialisé peut poser les dosimètres et remettre un rapport daté, ce qui pèse davantage face à un acquéreur qu'un kit posé soi-même. Ce travail s'inscrit souvent avec les autres diagnostics techniques du bâtiment réalisés sur une maison ancienne.
Diagnostic radon et vente maison : quelle obligation légale ?
Aucun texte n'impose aujourd'hui de mesurer le radon avant de vendre ou de louer un logement. L'obligation porte sur l'information : dans une commune en zone 3, l'état des risques (information des acquéreurs et locataires) doit mentionner que le bien se situe en zone à potentiel radon significatif. Le vendeur ou le bailleur remet ce document avec le dossier de diagnostic technique, au même titre que les informations sur les autres risques naturels.
La situation diffère pour certains lieux. Les établissements recevant du public les plus sensibles (établissements d'enseignement, d'accueil de jeunes enfants, sanitaires et médico-sociaux avec hébergement, notamment) font l'objet d'un dépistage du radon réglementé dans les zones concernées, avec des mesures périodiques. Dans les lieux de travail, l'employeur évalue le risque radon en milieu professionnel. Ces règles ne s'appliquent pas à une maison individuelle, mais elles donnent le cadre : le même niveau de référence de 300 Bq/m³ sert de repère partout.
Pour un vendeur en zone 3, une mesure réalisée l'hiver précédant la mise en vente reste un argument. Un résultat bas lève une question que l'acquéreur informé par l'état des risques se posera ; un résultat élevé, accompagné d'un plan de travaux chiffré par un professionnel, évite une négociation à l'aveugle. Le rapport peut ensuite rejoindre le carnet d'information du logement, qui conserve les travaux touchant à la performance et à l'air intérieur.
Que faire quand la concentration dépasse 300 Bq/m³ ?
Au-delà du niveau de référence, service-public recommande d'agir sur deux leviers : empêcher le gaz d'entrer et mieux évacuer celui qui entre. Les travaux se choisissent selon la configuration de la maison, l'écart au seuil et le résultat d'un examen du bâtiment qui localise les entrées.
- Renouvellement de l'air : aération quotidienne des pièces, puis mise en place d'une ventilation mécanique adaptée. Une ventilation contrôlée et réglée dilue le radon et, bien dimensionnée, limite la dépression qui l'aspire.
- Étanchéité entre le sol et le logement : traitement des fissures de la dalle, des joints sol-mur, des traversées de réseaux et de la trappe de cave.
- Vide sanitaire et sous-sol : grilles d'aération dégagées ou ajoutées, voire extraction mécanique pour mettre le volume en dépression par rapport au logement.
- Système de dépressurisation du sol : un petit réseau sous la dalle, relié à un extracteur, capte le gaz avant qu'il n'atteigne les pièces ; c'est la solution des cas les plus élevés.
Une nouvelle mesure après travaux, sur une période de chauffage, vérifie le résultat. Le coût de traitement varie selon l'accès au sous-sol, la nature de la dalle et la solution retenue : une aération renforcée reste dans un budget modéré, une dépressurisation du sol relève d'un budget plus élevé. Seul un devis d'entreprise spécialisée en maçonnerie, étanchéité ou ventilation fixe la dépense.
Les maisons du Morvan, un cas à part
Le bâti ancien du Morvan cumule plusieurs facteurs : murs en moellons de granite, caves creusées dans l'arène granitique, sols en terre battue, absence de vide sanitaire. Une longère restaurée ou une grange transformée en habitation mérite une attention particulière : la création de pièces de vie au niveau du sol, l'isolation des murs et le remplacement des menuiseries réduisent les fuites d'air qui, auparavant, diluaient le gaz. Une maison mieux isolée sans ventilation repensée peut ainsi voir son taux de radon augmenter après rénovation.
Pour ce type de projet, la mesure se programme idéalement avant les travaux, puis à nouveau l'hiver suivant. Les mesures préventives coûtent peu si elles sont prévues dès le chantier : membrane sous la nouvelle dalle, réservation d'un réseau de captage, ventilation dimensionnée pour les pièces enterrées. Elles deviennent beaucoup plus lourdes une fois les sols coulés et carrelés. Un diagnostic de la structure et des fondations sur un bâti ancien fournit aussi l'occasion de repérer les fissures par lesquelles le gaz circule.
Comment réduire le risque radon au quotidien ?
Sans attendre un résultat, quelques gestes réduisent l'exposition au radon dans un logement situé en zone 3 : aérer chaque jour, même brièvement en hiver ; ne pas obstruer les entrées d'air ni les grilles du vide sanitaire ; fermer la porte entre la cave et les pièces de vie ; entretenir la ventilation existante. Ces conseils de prévention ne remplacent pas la mesure, mais ils vont dans le sens d'un habitat sain et d'une amélioration de l'air intérieur, utile au-delà du seul radon (humidité, polluants).
Ne pas fumer à l'intérieur reste la mesure la plus efficace pour limiter l'impact sur la santé : l'association du tabac et du radon multiplie le risque. Face à un résultat incertain ou sur le choix des travaux, l'agence régionale de santé et le site de l'ASNR fournissent une information sur le radon, des données régionales et la liste des organismes de mesure, sans démarche commerciale.
















